Récemment on a écouté un épisode incroyable du podcast Vlan!, sur la question du genre. Gregory Pouy y interviewait Jerry Hyde, thérapeute anglais qui s’est spécialisé sur les groupes d’hommes et donc sur la masculinité. Étant une marque de maquillage non-genrée, le sujet nous passionne et il est complexe. Cet article a pour but d’énoncer des notions sur le sujet afin de construire un débat constructif et inclusif.

Question de genre vs. sexe : les notions fondamentales

La différence entre le genre et le sexe

Les questions de genre et de sexe sont délicates et la difficulté du discours réside dans le fait que ces deux notions s’entremêlent et se confondent souvent. Pourtant si on s’attache à leurs définitions, on parle en effet de deux choses distinctes.

Le sexe est le caractère physique d’un individu traduit par son organe génital apparent. Selon la norme société, un individu avec une vulve est une femme, et celui avec un pénis est un homme.

Le genre et le sexe, pourquoi refuser l’amalgame

Les hommes et les femmes sont différents biologiquement. Une idée cependant fausse, et envahissante, est qu’ils seraient de fait différents sur d’autres aspects, notamment sur leurs caractéristiques et comportements émotionnels. Les femmes seraient selon cet amalgame plus sensibles, quand les hommes (afin d’être reconnu comme virils) devraient être forts et ne pas montrer leurs émotions. Mauvais discours.

Il nous paraît aussi essentiel de rappeler qu’étudier le genre ne se résume pas à l’analyse de la condition féminine. En fait, c’est une approche qui cherche à comprendre les rapports sociaux entre les sexes, la construction des notions de masculinité et de féminité, et utilise pour cela aussi bien l’histoire, l’anthropologie, la philosophie que la sociologie.

On peut dire que les études sur le genre questionnent les rôles sexués (les « gender roles » en anglais), ces représentations du féminines et masculines, les rapports de domination et les émancipations possibles. Elles invitent aussi à réfléchir au-delà de la binarité homme-femme, en prenant en compte les personnes trans et intersexe, et s’intéressent aux sexualités.

Une beauté non-genrée et inclusive
On essaye de dessiner une beauté nouvelle et non-genrée. Visuel Estampe par la main de Lucie Colin.

Le genre, un concept en permanente évolution

La question du genre fait référence à la masculinité (ou virilité) et à la féminité des individus, qui sont des notions fluctuantes et subjectives, liées aux normes et valeurs d’une société donnée.

Cependant pendant longtemps le genre a été perçu uniquement comme une construction sociale permettant de catégoriser les différences entre les hommes et les femmes. La notion de genre a été utilisée pour évoquer les rôles, les comportements, les activités et les attributs qu’une société considérait comme appropriés pour les hommes et les femmes.

Or aujourd’hui en France, en se penchant davantage sur les études de genres qui sont moins avancées que dans d’autres pays, on se rend compte que le genre n’est pas figé. C’est un concept en permanente évolution selon l’environnement socio-culturel des individus, et selon la mutation des normes de la société.

Question du genre: la possibilité de se sentir à la fois masculin(e) ou féminin(e)

En effet, il existe plusieurs identités de genre, prouvant bien que les notions de masculinité et la féminité sont aléatoires et propres à chacun. Voici quelques définitions :

Transgenre

Une personne dont l’identité de genre ne correspond pas (exclusivement) au genre qui lui a été assigné à la naissance.

Les femmes trans sont des femmes. Les hommes trans sont des hommes. Certaines personnes transgenres peuvent aussi évoluer sur le spectre de la non-binarité.

Cisgenre

Une personne dont l’identité de genre et l’expression de genre correspondent au genre qui lui a été assigné à la naissance.

Non-binaire

Une personne ni exclusivement homme, ni exclusivement femme. La non-binarité est un spectre où les personnes peuvent être à la fois homme et femme. La non-binarité fait partie du spectre des transidentités.

Agenre

Une personne qui ne se définit pas comme étant un genre en particulier ou qui se définit comme n’ayant aucun genre.

De genre fluide

Une personne dont le genre fluctue au cours de temps et des situations. Cette personne pourra se sentir femme puis homme puis neutre, etc. Les fluctuations dépendent de chaque personne.

Les stéréotypes du genre

Pourquoi les notions de genre et de sexe font-elles autant polémique dans l’espace publique ? Pourquoi certaines personnes se sentent légitimes de donner leur avis sur des questions aussi intimes que celle du sexe, du genre ou même de la sexualité d’une personne ?

Le problème survient quand le genre est vu comme une norme sociale et non plus comme un concept. Le fait d’adopter un comportement « socialement » attribué au sexe opposé, peut entraîner le rejet et la discrimination de l’individu, jugé comme trop masculin ou féminin. Donc un homme qui porterait du maquillage sera catégorisé comme « non-homme » car pas suffisamment masculin, voire même catégorisé comme étant homosexuel.

La fin des stéréotypes de genre
La fin des normes et des stéréotypes du genre. Visuel Estampe par la main de Lucie Colin.

Afin de se faire accepter et intégrer dans la société, les hommes et les femmes restent donc bien souvent dans leurs rôles de genre respectifs. De cette binarité rigide et de stéréotypes de genre naissent des problématiques telles que la masculinité toxique, la discrimination des personnes trans, les problèmes de santé mentale, et bien d’autres.

Estampe est une marque de maquillage non-genrée, et non pas unisexe

Se définir comme une marque « non-genrée » plutôt qu’unisexe, c’est se baser sur le ressenti individuel de chaque personne, plutôt que sur les normes sociétales énoncées précédemment. On admet ainsi qu’il est possible de se sentir féminin(e) ou masculin(e) d’un jour à l’autre, qu’on parle d’énergies plutôt que de caractéristiques définies par nos attributs biologiques. Chez Estampe, on est convaincus que ce n’est pas uniquement notre sexe qui régit la perception que l’on a de soi dans le miroir chaque matin. On a tous notre part de féminin et de masculin, les personnes bien dans leur peau sont celles oscillent avec agilité, et sans jugement, entre les deux.

S'aimer et admettre d'être féminin et masculin à la fois

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