L’histoire du maquillage est ancienne, féminine et masculine. Des hommes et des femmes se sont maquillés au travers des âges. Aujourd’hui c’est au travers du destin de trois femmes extraordinaires que nous allons te parler de maquillage. Qu’est-ce que le maquillage représentait pour ces femmes ? Quelle était son utilité au fil des siècles et des cultures ? Le maquillage est un merveilleux vecteur culturel et d’expression de soi.

Le maquillage comme vecteur culturel

Pendant longtemps, le maquillage a été vecteur de pouvoir, de séduction et de fascination. Ce dernier est une pièce à part entière de la beauté – la Beauté. Cette beauté qui a été standardisée au fil des siècles, qui a changé et évolue encore aujourd’hui.

Le maquillage est donc un vecteur culturel important, qui représente des modes et des pages de l’histoire. Il incorpore notamment les notions de beau, il reflète les normes culturelles, il conforte la place de l’homme et de la femme. Bref, c’est une marqueur social.

L’histoire du maquillage remonte à 3000 ans avant notre ère et on y note le changement continu des tendances, prouvant ainsi la fluctuation constante des normes de beauté. Nous te racontons ici l’histoire du maquillage à travers trois femmes incroyables, trois reines (au sens propre comme au sens figuré) : Cléopâtre, Elizabeth I et Madonna. 

Cléopâtre, beauté divine et la naissance du eyeliner au khôl

Pharaonne au statut (encore) mystique

Cléopâtre VII est la dernière reine d’Égypte. Bien que règnent sur un royaume déclinant, elle réussit malgré tout à hisser l’Égypte en puissance rivale de Rome. De fait, le pouvoir de la reine à son apogée s’étend sur tout le Moyen-Orient.

Sans aucun doute, c’est son charme sans égal, son intelligence aiguë, et sa beauté légendaire qui ont marqué l’histoire. C’est ce qui l’élève au statut de figure mystique dans notre imaginaire. D’où sa présence notoire dans les oeuvres littéraires, cinématographiques et musicales.

La touche maquillage signée Cléopâtre, c’est bien entendu, le khôl. C’est ce qu’on retient notamment dans les représentations cinématographiques de Cléopâtre. Elizabeth Taylor dans le film Cleopatra de 1963, joue la reine d’Égypte intelligente et stratège, qui séduit tour à tour César et Marc-Antoine. C’est son regard souligné d’un trait d’eyeliner noir prononcé, long et net.

L'histoire du maquillage, Elizabeth Taylor joue Cleopatre, dans Cleopatra, 1963
Elizabeth Taylor joue Cléopatre dans le film Cleopatra, 1963

Le khôl de l’Égypte Ancienne et la naissance de l’eyeliner

Utilisé pour la première fois par les Égyptiens, le khôl est une poudre minérale autrefois composée de graphite, de cuivre et parfois de sulfure de plomb. Les Égyptiens se l’appliquent autour des yeux avant tout pour les propriétés antibiotiques du khôl. En effet, le khôl sert de protection contre les rayons de soleil, le sable et comme soulagement contre les infections oculaires. D’autant plus, le khôl qui souligne et agrandi le regard, séduit le pharaon et ses sujets par son effet esthétique.

Dans une Égypte où entretenir son apparence physique est un acte spirituel et sacré, le khôl fait rapidement sensation. Ainsi, la société Égyptienne, femmes comme hommes, adoptent le khôl comme produit cosmétique. L’eyeliner est né.

Après le déclin de l’Égypte Ancienne, le khôl tombe progressivement dans l’oubli. Ce n’est seulement dans les années 1920 durant lesquelles deux égyptologues découvrent la tombe de Toutankhamon, qu’il refait surface. Cette période coïncide avec le début de l’émancipation féminine. Période durant laquelle les femmes inspirées par les stars hollywoodiennes, commencent progressivement à se maquiller. Ainsi, la civilisation revient à l’un de ces premiers amours : l’eyeliner.

Elizabeth Ier, reine d’Angleterre, tuée par maquillage

Nous faisons maintenant un grand saut dans l’histoire du maquillage, pour nous retrouver à l’ère Élisabéthaine (XVIIe siècle) en Angleterre. 

Elizabeth Ier, une reine dans un monde d’hommes

Elizabeth Ier, fille du roi Henri VIII a été reine d’Angleterre de 1558 à 1603. Son règne est dépeint comme l’âge d’or de l’Angleterre. Toutefois, la fin de son règne correspond à une série de problèmes économiques et militaires. On la qualifie d’indécise et irascible, surtout à la fin de sa vie. Elle est néanmoins reconnue pour son charisme et son caractère obstiné. Reine dans un monde patriarcal et souveraine à la poignée fer, elle se devait de ne montrer aucun signes de faiblesse au risque de se faire mépriser ou, pire, remplacer.

Une des façons dont Elizabeth transmet cette prestance de pouvoir est à travers son apparence physique qui doit parfaite. Le maquillage est pour ainsi dire, une des ses armes de pouvoir.

L'histoire du maquillage, Elizabeth Ier par George Gower 1588
Elizabeth I (1533-1603), portait fait par George Gower 1588

Le maquillage d’Elizabeth Ier : un outil de pouvoir

Elle utilise des fards pour couvrir les cicatrices que la variole a laissé sur son visage et pour obtenir l’effet porcelaine sans défaut tant prisé durant son époque. En effet, l’ère du temps fait qu’avoir un teint très pâle est synonyme de richesse et de beauté.

La haute société, hommes ou femmes, utilisent ces fards à outrance. Cependant, ceux-ci sont composés de sulfure de mercure, de plomb et d’autres substances extrêmement toxiques et nocives, pour la peau mais également pour la santé en général. Ainsi, Elizabeth Ier tente de dissimuler toute traces de faiblesse du moins physiquement visibles par le maquillage sans connaître l’étendue des effets pernicieux de celui-ci sur sa santé.

Un maquillage de reine qui abîme la peau

Pourtant, le visage de la reine s’abime lourdement au fil des années. Toutefois, elle s’obstine à dissimuler ses cicatrices de plus en plus nombreuses et apparentes en épaississant la couche de poudre sur son visage. De plus, son rituel beauté se compose également d’un rouge à lèvres à base de mercure. Or le mercure mène à des pertes de mémoire, une irritabilité extrême et même à la dépression: toutes les caractéristiques que les historiens ont associé à la reine à la fin de sa vie. Il n’y a aucune certitude quant à la cause réelle de sa mort. Cependant les historiens n’écarte pas l’hypothèse de l’empoisonnement ou de l’affaiblissement de sa santé par les cosmétiques qu’elle utilisaient.

Cette histoire de maquillage nous sert de guide pour le futur de l’industrie. Voici un exemple réel de la dangerosité des produits cosmétiques quand les leur composition est méconnue des producteurs et des utilisateurs. Même la reine n’a pas été épargnée ! L’histoire de maquillage est également là pour nous servir de guide pour le futur. De nos jours, des tests de toxicologie rigoureux sont effectués sur tous les produits cosmétiques mis en vente sur le marché.

Madonna, reine de la pop et makeup caméléon

Madonna, une entrée en scène bouleversante

Cette fois ci, nous nous tournons vers une reine d’un autre genre. Celle de la pop de la fin du XXè siècle, Madonna. Si les périodes précédentes instaurent des modèles strictes à suivre, le XXème siècle prône, au contraire, un maquillage personnalisé et unique. L’exemple parfait : Madonna. Elle bouleverse le monde de la pop dès son entrée sur la scène dans les années 80s avec son nom à caractère religieux couplé à son look sexy et provocateur. Puis, c’est en se réinventant continuellement selon les décennies, les tendances, et ses envies, que Madonna atteint le statut d’icône de beauté.

l'histoire du maquillage, madonna dans les années 80
Madonna dans les années 80s

Le maquillage du XXe siècle, aux goûts de tous

Les années 80s, soit la période disco, de Madonna se caractérisent par le look “color block”, où le fard à paupières est composé de blocs de couleurs différentes. Mais aussi par l’eyeliner au khôl noir, du mascara XXL, du rouge à lèvre rouge vif et les cheveux blonds peroxydés frisés. Elle inspire toute une génération de femmes à adopter ce look spécifique incarnant selon l’époque, l’idée de la féminité et du glamour.
Dans les années 90s, Madonna délaisse les paillettes et les couleurs vives pour laisser place à un style de maquillage plus naturel. De fait, le teint est nude, les rouges à lèvres légèrement rosés, les fards à paupières sont plus légers et sont « blended ».
Depuis les années 2000, Madonna s’est rarement contentée d’une seule tendance. Madonna est plus caméléon que jamais. 

Elle incarne parfaitement l’état d’esprit du XXè siècle, là où on se permet tout, tant que l’on se fait plaisir. Ainsi, le XXè siècle, à l’image de Madonna, a vu passer toutes les tendances et toutes les audaces en terme de maquillage.  

L’histoire du maquillage du XXIè siècle, quant à lui, c’est à nous de le définir. Ce qu’on lui souhaite, c’est qu’il soit libéré de toutes normes sociales ou genrées. La beauté, nous la créons par le biais du maquillage certes, mais surtout par l’acceptation et la confiance de soi.

Si tu t’intéresses aux sujets du maquillage et de la confiance en soi, n’hésite pas à lire les autres articles sur notre site.

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