Confiance en soi : peut-on gérer nos émotions ?

As-tu déjà refouler tes émotions par peur d’être jugé comme faible, irrationnel ou encore caractériel ? As-tu déjà souhaité ne pas ressentir telle ou telle chose ? T’es-tu senti dévalorisé, ignoré car tu avais exprimé tes émotions?

Depuis le plus jeune âge, tout le monde apprend à maîtriser ses émotions, parfois même à les dissimuler. On catégorise même les émotions comme étant soit positives (exemple : la joie ou l’amour), soit négatives (exemple : la peur ou la colère).

Et si nos émotions n’étaient ni bonnes, ni mauvaises ? Et si les ressentir pleinement et les exprimer était la clé de la confiance en soi ?

Quand tes émotions = informations

Pourquoi redoutons-nous nos émotions ? Car la société dans laquelle nous avons évolué depuis l’enfance nous a appris à entretenir un rapport conflictuel avec ces dernières.

Avant que les neurosciences se penchent sérieusement sur le fonctionnement du cerveau dans les années 1960, la “raison” était considérée comme l’expression la plus achevée, car maîtrisée, de l’humain.

À côté de cette notion de contrôle, nos émotions semblent dès lors être un vestige préhistorique qui nous  ramènent  à  notre statut animal. On a donc cherché à lutter contre elles. C’était afin d’être considéré comme des humains correctement développés et éduqués. Résultat ? Notre héritage social valorise notre capacité à enfouir et à se déconnecter de nos émotions.

(Tu vois d’ores et déjà le problème n’est-ce pas ?)

Pour comprendre et résoudre le rapport conflictuel que nous entretenons avec nos émotions, il est important de revenir à leur fonction première. À quoi servent-elles ?

Elles ont pour but fondamental de nous orienter. Il s’agit de notre cerveau qui nous envoie des informations pour nous faire réagir face à une situation. Si cette dernière est perçue comme agréable le cerveau nous encourage à la dupliquer. Si elle est perçue comme désagréable, il nous encourage à l’éviter et à la changer. 

Les émotions ne sont ni positives ni négatives

Nous sommes donc nombreux à être convaincus que enfouir nos émotions est un acte positif car nous sommes dans la maîtrise de nous-même.

Cependant le vrai problème ne réside pas dans le fait de les ressentir. Il est dans le fait que nous leur associons une notion de bien et de mal.

Les labelliser comme positives ou négatives engendrent donc des problèmes, comme l’enfouissement ou encore la résistance à nos émotions.

Prenons des exemples concrets : 
Bien souvent les hommes, par preuve de “virilité”, enterrent leurs émotions. Selon une enquête menée en Grande-Bretagne, plus de la moitié des hommes âgés de 18 à 24 ans pensent que pleurer les rend moins virils. 

Un homme à l'apparence triste.
La majorité des hommes pensent qu’exprimer leurs émotions est un signe de faiblesse.

Nous conditionnons les garçons dès leur plus jeune âge à ne pas exprimer d’émotions, car les exprimer signifie être ‘faible’.

BBC. Les cinq grandes causes de suicide chez les hommes.

On minimise les émotions, on n’en parle pas et parfois même on y résiste en pensant faire preuve de courage et de force. Sauf que cela nous empêche d’avancer. Les émotions ne sont pas un trait de caractère. Mais bien des symptômes indiquant un état de fonctionnement ou dysfonctionnement intérieur. Donc pour les maîtriser, la solution est de les écouter. 

Nous vous partageons ici trois étapes clés pour y parvenir.

Trois étapes clés pour mieux gérer nos émotions

Première étape : les comprendre

Nous avons quatre émotions principales : la joie, la peur, la colère et la tristesse. 
L’objectif de chacune est de transmettre les messages du cerveau à notre corps pour adapter notre réponse pertinemment à notre environnement.

– LA JOIE  procure du plaisir, du bonheur. Elle nous signale de dupliquer la situation, et parallèlement assure certaines fonctions comme la reproduction. Elle libère les hormones du bien-être et du plaisir telles que ; l’endorphine ou encore la dopamine.

– LA PEUR, signe de panique et de stress, est désagréable. Elle nous indique que la situation dans laquelle nous sommes est à éviter et/ou à changer. Elle a pour fonction de nous protéger.

– LA COLÈRE traduit un sentiment d’atteinte de notre personne, de domination ou de violence. Elle a pour but de nous protéger par l’attaque.

– LA TRISTESSE quant à elle nous sert à digérer les situations de choc émotionnel. Elle nous encourage à nous mettre au repos.

Deuxième étape : comprendre les conséquences de l’enfouissement des émotions

Les problèmes qu’on a avec les émotions, ce sont nos réactions face à elles, et non les émotions en elles-mêmes.

Connais-tu l’expression “manger ses émotions” ?
C’est quand notre cerveau qui essaye de se réguler par compensation. En effet, pour contrebalancer l’enfouissement des émotions, le cerveau trouve un échappatoire. Souvent par le biais de substances (ex. alcool, drogue, nourriture) ou de divertissements (ex. sexe, jeux vidéos, etc). Ces méthodes augmentent les niveaux de d’endorphines et de dopamine procurant ainsi un sentiment de plaisir et de soulagement immédiat. 

Cependant, ces solutions n’agissent que comme un pansement sur une jambe de bois. Elles ne proposent qu’une distraction ou une anesthésie sur le court terme.

Troisième étape : les connaître et conscientiser

Les émotions sont déclenchées par multiples facteurs différents, cognitifs, moteurs, perceptifs, et instinctifs. Une même émotion peut être ressentie à différents moments dans différentes situations. Il est ainsi impossible de standardiser sa vie émotionnelle et supposer qu’une même émotion est toujours le résultat d’un même ensemble de causes. 

Afin de discerner les différentes racines de tes émotions, il est important de connaître les deux origines de celles-ci, primitives et cognitives.

Les émotions primitives

Elles sont déclenchées instinctivement et surviennent face à des situations qui nous sont directement menaçantes. 

Autre que la joie, la peur, la colère et la tristesse déjà mentionnées ci-dessus, la jalousie nous sert à préserver ce qui nous appartient et la culpabilité à expier nos erreurs. 
Ces émotions nous permettent de prendre conscience de nos dysfonctionnements intérieurs et d’y répondre d’une façon adéquate. Leur objectif est de nous faire passer à l’acte directement sans temps de réflexion.

Les émotion cognitives

Elles sont le résultat de notre conditionnement social et mental, c’est-à-dire de notre système de croyances. Nos croyances sont les valeurs fondamentales qui nous permettent de faire la distinction entre bien et le mal, la sécurité et le danger, le permis et l’interdit. Ce système de croyance est différent pour tous car ils dépendent de facteurs culturels, sociologiques et personnels propres à chacun. En enclenchant les émotions cognitives, le cerveau cherche à nous protéger de situations qu’il a intégré comme mauvaises ou désagréables.

L’objectif serait ainsi de comprendre si la situation dans laquelle nous ressentons des émotions est réellement dangereuse ou si celles-ci sont influencées par nos croyances. Dans ce cas, il est avisé de prendre du recul et de réévaluer la situation.

Prenons l’exemple de l’acceptation de son corps. Outre les injonctions de la société, un enfant dont les parents démontrent une attitude grossophobe, va en être influencé pendant son développement. Dans ses comportements et dans les émotions qu’il ressent envers les personnes en surpoids, comme notamment du mépris, du dégoût, etc. Mais également envers lui-même. Il va avoir du mal à accepter son corps et potentiellement développer des troubles alimentaires. Au contraire, un enfant dont les parents n’accordent pas d’importance sur le poids sera plus à l’aise avec son corps qui se transforme. Il sera plus ouvert à accepter les gens de tous types corporels et à ressentir des émotions dites positives vis-à-vis de son corps.  

Ainsi, c’est à chaque personne de faire un travail introspectif sur soi quand on ressent des émotions “négatives”. Il est donc important d’analyser les émotions. C’est afin de comprendre quels dysfonctionnements elles expriment et de jauger si elles proviennent de croyances limitantes ou non.

La confiance en soi passe par la compréhension de nos émotions. Si nous les comprenons nous arrêtons de lutter et donc de nous dévaloriser. Il est donc essentiel de les écouter, de les analyser sans jugement, pour modifier ou non une situation dans laquelle nous nous trouvons. 

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